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Cameroun : l’absence de Paul Biya interroge la gouvernance actuelle

Cameroun : l’absence de Paul Biya interroge la gouvernance actuelle

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Paul Biya, plus vieux dirigeant du monde Paul Biya, plus vieux dirigeant du monde © Jemal Countess/UPI/newscom/picture alliance
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Depuis son départ pour un prétendu court séjour privé en Europe le 7 juin 2026, toujours accompagné de son épouse, le président camerounais Paul Biya, âgé de 93 ans, n’a pas fait son retour au Cameroun. Avec 44 jours d’absence, cette situation alimente les spéculations et relance les débats sur la gestion du pouvoir.

Les médias et les réseaux sociaux regorgent de rumeurs sur son état de santé, tandis que l’opinion publique camerounaise s’interroge sur les conséquences de cette absence prolongée. Officiellement, aucune information précise n’a été communiquée sur ses activités ou ses déplacements.

Les autorités rassurent sur le fonctionnement des institutions

Pour répondre aux craintes grandissantes, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, a publié un éditorial dans L’Action le 15 juillet. Christophe Mien Zok, directeur de la propagande du parti, a vivement démenti toute idée de gouvernance à distance ou de pilotage automatique des institutions.

« Le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti », a-t-il déclaré, soulignant que les institutions camerounaises continuent de fonctionner normalement. Les canaux officiels de la présidence ont par ailleurs relayé des messages de félicitations attribués à Paul Biya, notamment à l’occasion de la fête nationale française du 14 juillet et à destination du président du Monténégro. Aucune apparition publique ni explication supplémentaire n’a cependant été fournie.

L’opposition exige des clarifications sur la vacance du pouvoir

Face à ce silence, plusieurs figures de l’opposition ont réagi. Le député Jean-Michel Nintcheu a saisi le Conseil constitutionnel pour évaluer les risques d’une vacance du pouvoir. L’Union démocratique du Cameroun (UDC), quant à elle, a rappelé que si une absence prolongée ne constitue pas automatiquement une vacance, elle soulève des questions essentielles sur la continuité de l’État et l’exercice effectif des prérogatives présidentielles.

L’UDC insiste également sur l’absence de vice-président depuis la révision constitutionnelle d’avril 2026. Pour le parti, cette situation met en lumière le besoin urgent de réformes institutionnelles pour encadrer les absences prolongées du chef de l’État et éviter toute instabilité.

Un vide juridique pointé par les experts

Des juristes constitutionnels estiment qu’au-delà de 45 jours d’absence, le Conseil constitutionnel pourrait être amené à examiner la situation. Pourtant, aucun texte ne fixe de durée maximale pour un séjour à l’étranger du président. L’UDC rappelle que cette absence prolongée révèle les failles du cadre juridique actuel et plaide pour une adaptation rapide des règles afin de garantir la stabilité institutionnelle.

Alors que les jours s’accumulent, le débat reste vif entre les partisans du régime, qui assurent que tout est sous contrôle, et leurs détracteurs, qui réclament davantage de transparence et un cadre légal plus rigoureux pour gérer ce type de situation.