Cameroun : la mystérieuse disparition du président Paul Biya
Depuis plus de deux mois, le Cameroun est plongé dans une incertitude politique inédite. Le président Paul Biya, 93 ans, n’a plus été aperçu en public depuis le 7 juin 2026. Selon le Cameroon Tribune, il serait parti pour un « court séjour privé en Europe ». Pourtant, 50 jours plus tard, ni son lieu de résidence ni sa date de retour n’ont été précisés. Cette absence prolongée, couplée au mutisme des autorités, alimente les spéculations et les craintes sur la stabilité institutionnelle du pays.
Les partis d’opposition, à l’image du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), n’hésitent plus à évoquer une « vacance du pouvoir » ou un gouvernement fonctionnant en « télétravail ». Ces termes, bien que polémiques, reflètent l’inquiétude grandissante face à l’opacité de la situation. Mais que dit la Constitution camerounaise en cas d’absence prolongée du chef de l’État ? Cette situation pourrait-elle paralyser la gestion des affaires publiques ?
Avec Stéphane Akoa, analyste politique à la Fondation Paul Ango Ela, nous décryptons les implications de cette absence pour le Cameroun. Entre risques institutionnels et conséquences sur la gestion quotidienne du pays, la situation interroge. La Constitution camerounaise prévoit-elle des mécanismes pour pallier une telle absence ? Comment les institutions s’organisent-elles sans leadership visible ?
Une absence qui soulève des questions juridiques et politiques
L’article 10 de la Constitution camerounaise encadre les cas d’empêchement du président. En cas d’absence prolongée, le président du Sénat est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la continuité de l’État. Pourtant, aucune communication officielle n’a été relayée sur d’éventuels changements à la tête du gouvernement ou sur des consultations en cours. Cette opacité nourrit les théories les plus diverses, allant du simple repos forcé à des scénarios plus alarmants.
Les observateurs s’interrogent : cette situation pourrait-elle fragiliser la crédibilité du Cameroun sur la scène internationale ? Les partenaires économiques et diplomatiques du pays attendent des clarifications. Dans l’immédiat, les Camerounais, eux, s’adaptent à cette « normalité inhabituelle », tandis que les réseaux sociaux bruissent de rumeurs.
Quels scénarios pour l’avenir ?
Plusieurs hypothèses circulent. Certains estiment que le président Biya pourrait rentrer prochainement, mettant fin aux spéculations. D’autres évoquent une passation de pouvoir progressive, avec un transfert de compétences vers le Premier ministre ou d’autres membres du gouvernement. Enfin, une minorité craint un blocage institutionnel, surtout si l’absence se prolonge indéfiniment.
Une chose est sûre : le Cameroun traverse une période de tensions politiques. Les prochains jours seront décisifs pour faire la lumière sur cette disparition médiatique et ses conséquences réelles sur le fonctionnement de l’État.



