Le gouvernement camerounais durcit le ton face aux églises non conformes
Paul Atanga Nji, ministre camerounais en charge des cultes, a donné un ultimatum clair : 1 400 églises non déclarées seront fermées dans les prochains mois. Cette décision fait suite à des années de tolérance envers les structures religieuses opérant sans reconnaissance administrative. « La période de clémence est terminée », a-t-il martelé lors d’une réunion exceptionnelle avec les responsables d’une église controversée, « Vie et Paix ».
Cette annonce intervient après une série de drames qui ont ému l’opinion publique. En juin, une fillette de 11 ans a été poignardée à mort par une fidèle de 22 ans, sous prétexte d’un ordre divin. Ce crime rappelle un autre cas similaire survenu en mars, impliquant également une enfant de 11 ans. Ces événements ont accéléré les mesures de régulation.
Un contrôle renforcé depuis plus de deux décennies
Depuis 2006, les autorités camerounaises tentent de canaliser la croissance exponentielle des églises non conventionnelles. En 2008, seulement 81 associations religieuses, dont 46 Églises protestantes et pentecôtistes, avaient obtenu une reconnaissance légale. Pourtant, des centaines d’autres continuent d’opérer dans l’ombre, profitant des failles juridiques.
Cette prolifération s’explique en partie par des facteurs socio-économiques. Après la dévaluation du franc CFA en 1994, de nombreux Camerounais, en proie à des difficultés financières, se sont tournés vers des mouvements religieux promettant des solutions miraculeuses. Une tendance qui n’a cessé de s’amplifier depuis.
Des fermetures pour troubles sonores et irrégularités
En 2025, près de 200 lieux de culte avaient déjà été fermés pour nuisances sonores et non-respect des normes. Les responsables des églises non agréées avaient reçu un avertissement sans ambiguïté : « Ils doivent cesser leurs activités ou quitter le pays ». Cette politique s’inscrit dans une volonté de rétablir l’ordre et la sécurité, tout en protégeant les citoyens des dérives sectaires.
Les autorités rappellent que le délai d’enregistrement accordé aux nouvelles églises est désormais expiré. Seules celles ayant satisfait aux exigences légales pourront poursuivre leurs activités.



