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Burkina Faso : une baisse record des cas et décès de paludisme en 2025 ouvre la voie à son élimination d’ici 2030

Le Burkina Faso marque une étape décisive dans sa lutte contre le paludisme, avec des résultats exceptionnels enregistrés en 2025. Le pays aspire désormais à l’élimination du paludisme d’ici l’horizon 2030, fort d’une diminution sans précédent des infections et des décès liés à cette maladie. C’est ce qu’a révélé le Ministre de la Santé, le Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, lors d’une conférence de presse tenue à Ouagadougou le vendredi 20 février 2026.

Les statistiques récentes témoignent d’un progrès significatif. Le nombre total de cas de paludisme au Burkina Faso est passé de 10 805 000 en 2024 à 7 329 000 en 2025, ce qui représente une diminution remarquable de 32 %. Chez les jeunes enfants de moins de 5 ans, cette réduction est encore plus prononcée, avec plus de 1 900 000 cas évités, soit une baisse d’environ 38 %.

En ce qui concerne la mortalité, les efforts déployés ont également porté leurs fruits. Les décès dus au paludisme ont chuté de 3 523 en 2024 à 1 900 en 2025, soit une réduction spectaculaire de 48 %. Pour les enfants de moins de 5 ans, le Dr Lucien Jean-Claude Kargougou a souligné une diminution de 893 décès enregistrés en 2025, un indicateur encourageant de l’efficacité des mesures préventives et curatives.

L’objectif du Burkina Faso est clair et ambitieux : « Éliminer le paludisme d’ici à l’horizon 2030 ». Pour y parvenir, le Ministre a insisté sur la nécessité de maintenir les efforts et de renforcer plusieurs axes stratégiques :

  • Pérenniser les avancées et intensifier l’assainissement du cadre de vie.
  • Accroître la mise en œuvre d’interventions à fort impact telles que la vaccination contre le paludisme, l’utilisation généralisée des moustiquaires imprégnées, et la ChimioPrévention du Paludisme Saisonnier (CPS+).
  • Renforcer la communication pour promouvoir des changements de comportement durables.
  • Consolider l’engagement des communautés dans la lutte antipaludique.
  • Assurer un financement pérenne des programmes de santé.
Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la santé

Ces résultats encourageants ne sont pas le fruit du hasard. Ils émanent d’une vision politique claire, portée par Son Excellence le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORE, qui a positionné l’accès équitable aux soins de santé et la protection des populations au cœur des priorités nationales. Ils reflètent également la détermination inébranlable du Gouvernement et la mobilisation collective de tous les acteurs nationaux et partenaires.

La création du Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP) a considérablement renforcé la coordination à l’échelle nationale, confirmant la conviction que l’élimination du paludisme exige une synergie multisectorielle et une adhésion active des communautés.

Une initiative majeure a été la campagne nationale de distribution universelle et gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action. Près de 15 millions de moustiquaires de dernière génération bi-imprégnées ont été distribuées, avec l’objectif ambitieux d’atteindre un taux d’utilisation d’au moins 80 %. Ces nouvelles moustiquaires ont prouvé leur supériorité en matière d’efficacité contre la résistance aux insecticides, surpassant les modèles précédemment employés dans le pays.

Plus de 33 000 volontaires communautaires et 7 000 agents de santé ont sillonné les villes et les villages, y compris dans les zones confrontées à des défis sécuritaires, afin d’assurer une protection équitable à tous les ménages. Cette approche de proximité a significativement renforcé l’appropriation communautaire et la responsabilité collective face à la maladie.

De plus, l’extension de la vaccination gratuite contre le paludisme, effective depuis le 14 août 2025 dans l’ensemble des 70 districts sanitaires du pays, représente une avancée historique dans la lutte contre le palu au Burkina Faso.

Pour le Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, l’importance historique de ces résultats réside aussi dans la prise de conscience collective que la lutte contre le paludisme est avant tout une bataille de comportements et d’adhésion sociale. La mobilisation communautaire et la communication ont été des piliers de cette stratégie. Des campagnes d’information adaptées aux réalités locales, l’implication des leaders communautaires et religieux, la sensibilisation porte-à-porte, et l’engagement des médias ont permis de transformer les outils de prévention en pratiques concrètes : dormir systématiquement sous moustiquaire, faire vacciner les enfants et consulter précocement en cas de fièvre.

En conclusion, le Ministre Kargougou a lancé un appel vibrant à l’ensemble des acteurs – collectivités territoriales, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers, leaders communautaires, médias et populations – à poursuivre et à intensifier cette dynamique positive. Il a affirmé avec conviction : « Ensemble, nous avons démontré qu’il est possible de faire reculer le paludisme de manière significative. Ensemble, nous éliminerons le paludisme au Burkina Faso. »