A la Une

Attaque meurtrière à l’aéroport de Niamey : 13 morts dont 11 soldats

Attaque meurtrière à l’aéroport de Niamey : 13 morts dont 11 soldats

Jeudi matin, des assaillants, dont plusieurs portaient des ceintures explosives, ont essayé de pénétrer dans le terminal de l’aéroport de Niamey.

Selon des résidents, les premiers coups de feu ont débuté à 06h (05h GMT) et ont duré au moins deux heures.

Ce nouvel assaut a coûté la vie à onze soldats et deux civils. Il intervient six mois après une première attaque revendiquée par l’État islamique. Depuis près de trois ans, le Niger est dirigé par une junte militaire qui lutte pour contenir les violences jihadistes. Fin janvier, l’aéroport et la base militaire voisine avaient déjà été la cible d’une offensive de grande ampleur, repoussée par l’armée nigérienne et ses partenaires russes.

Selon un communiqué du ministère de la Défense lu à la télévision nationale, les assaillants, dont plusieurs équipés de ceintures explosives, ont tenté de forcer l’entrée du terminal. La réaction rapide des forces de sécurité a empêché qu’ils n’atteignent l’aérogare.

Le bilan provisoire fait état de 13 martyrs du côté des forces amies : 11 militaires et 2 civils, ainsi que 4 blessés. Du côté adverse, 22 assaillants ont été neutralisés et une vingtaine de suspects interpellés. Le ministère précise qu’une vaste opération est en cours, que la situation est maîtrisée et que l’aéroport international reste ouvert, bien que plusieurs vols aient été déviés ou retardés selon Flightradar.

Site sensible

Des habitants ont rapporté que les premiers tirs ont retenti vers 6 heures du matin (5h GMT) et ont duré au moins deux heures. Les échanges de tirs ont eu lieu près d’un poste de contrôle sur l’unique route d’accès à l’aéroport, à quelques centaines de mètres de l’entrée. Selon une source aéroportuaire, les assaillants sont arrivés en taxi jusqu’au dispositif policier, où ils ont rencontré une résistance déterminée. Le calme est revenu vers 10 heures, et les assaillants se sont dispersés dans les quartiers voisins, où les forces de sécurité mènent des ratissages.

De nombreux assaillants ont été tués, d’autres arrêtés avec l’aide des habitants, a confirmé la même source, ainsi qu’un conducteur de taxi-moto.

Cette attaque survient moins de six mois après celle du 29 janvier, qui avait causé quatre blessés et d’importants dégâts matériels. Le site est particulièrement sensible : entre décembre et janvier, il abritait une cargaison de concentré d’uranium en attente d’exportation. Le général Abdourahamane Tiani, à la tête du régime militaire depuis le coup d’État de juillet 2023, avait alors évoqué une faille dans le dispositif ayant permis l’attaque, dont l’objectif était de détruire les capacités aériennes de l’armée.

Ces dernières semaines, les autorités avaient entrepris une vaste campagne de démolition de quartiers autour de l’aéroport. Le mur d’enceinte a été allongé et plus de 350 caméras de surveillance ont été installées à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre.