
Argentine-Suisse : l’Albiceleste peut-elle encore impressionner face à la Suisse ?
La scène, gravée dans les mémoires, se déroule mardi à Atlanta. Menés 2-0 par l’Égypte à la 79e minute, les Argentins semblent au bord de l’élimination. Pourtant, Lionel Messi, l’emblème de cette génération, offre une lueur d’espoir en centrant pour Cristian Romero. Le ballon atterrit sur la tête de Shobeir pour réduire l’écart (83e), puis Enzo Fernandez égalise dans les arrêts de jeu (90e+3). Les larmes de Messi, à la fois de soulagement et d’émotion, symbolisent cette équipe qui refuse de baisser les bras.
Les exploits de l’Albiceleste ne s’arrêtent pas là. Trois jours plus tôt, face au Cap-Vert, les hommes de Lionel Scaloni ont frôlé la sortie de route. Menés à deux reprises, ils arrachent la victoire en prolongations (3-2) après un parcours semé d’embûches. Entre un penalty manqué par Messi et des arrêts décisifs du gardien adverse, chaque détail a compté.
Cette résilience, devenue la signature de l’équipe, s’appuie sur une solidité mentale inébranlable. « Ce groupe a une personnalité et un tempérament hors du commun, c’est leur force majeure », analyse Franck Leboeuf, champion du monde 1998. « Leur solidarité est leur meilleur atout : elle peut faire la différence contre n’importe quelle équipe », ajoute-t-il. Une dynamique collective qui séduit autant les observateurs que les supporters.
La garra, un héritage argentin
Au-delà des résultats, c’est une philosophie qui anime cette équipe. La garra – cette ténacité à toute épreuve – incarne l’âme du football argentin. Les médias locaux, comme le quotidien Olé, en font l’éloge : « La résilience ne s’achète ni ne se décrète. Elle se vit. L’Argentine ne joue pas un match, elle le ressent, le subit, se bat et ne renonce jamais ». Une philosophie qui résonne avec l’histoire d’un pays où chaque victoire se gagne dans la douleur.
Cependant, tous les experts ne partagent pas cet enthousiasme. Souleymane Diawara, ancien international sénégalais, tempère les éloges : « Une équipe aspirant au titre mondial ne doit pas trembler face à des nations comme le Cap-Vert ou l’Égypte. L’Argentine reste vulnérable et n’a pas encore affronté une grande puissance ». Pour Éric Di Meco, ancien défenseur français, la Suisse, adversaire ce dimanche, ne représente pas un danger majeur : « Leur parcours vers la finale est ouvert. Ce n’est pas l’équipe que je préfère, mais leur formule fonctionne ». Un constat partagé par les statistiques : l’Albiceleste détient le record de prolongations en Coupe du monde (12), avec dix victoires à la clé.
Une équipe plus forte qu’en 2022 ?
Le sacre argentin au Qatar en 2022 s’était construit sur des succès laborieux. Hormis une large victoire contre la Croatie en demi-finales (3-0), les autres matchs avaient été remportés de justesse : victoire contre l’Australie en huitièmes (2-1), puis deux duels haletants aux tirs au but, face aux Pays-Bas en quarts et à la France en finale. Avec seulement Angel Di Maria retraité, le noyau dur de 2022 est toujours présent en 2026. « Dès les premiers matchs, j’ai senti que cette équipe avait autant de potentiel qu’en 2022 », confie Franck Leboeuf. Pour Jérôme Rothen et Éric Di Meco, l’Albiceleste est même plus redoutable qu’il y a quatre ans.
Cette progression s’explique par l’expérience accumulée et la forme de ses leaders. Messi, désormais âgé de 39 ans, brille une fois de plus avec huit buts marqués dans ce tournoi. Pourtant, certains observateurs, comme Diawara, mettent en garde : « Messi ne pourra pas éternellement sauver l’Argentine. Le jour où il sera neutralisé, l’équipe pourrait s’effondrer ». Malgré tout, le rêve d’un deuxième titre consécutif reste intact pour toute une nation.



